Le premier refus
6h00 du matin. En grand écrivain que vous êtes, vous pensez qu'il est bien mieux d'écrire en matinée - l'inspiration y est alors toute fraîche! Avant d'enchainer là ou vous vous étiez arrêtez la dernière fois - c'est a dire très tard hier soir, passionné que vous êtes - vous décidez de vous relire un peu, histoire de vous "remettre dedans". Verdict: C'est toujours aussi nul. Pendant un moment, vous êtes découragé, le crayon levé au dessus de votre feuille (les doigts a quelques centimères en haut du clavier). Bah, un déjeuner, un jus d'orange - ou bien une bière, ca aide aussi parfois! - et vous oubliez votre mauvaise passe.
Quelque mois plus tard, votre roman est tout terminé. Qu'est-ce que vous êtes fier! Tellement, que vous en oubliez le temps mi dessus. Tellement que vous oubliez toutes les coquilles non réparées du texte. L'amour rend aveugle? Ajoutez l'écriture sur cette liste. Vous en parlez a la famille, les amis, les voisins, bref le monde entier, le torse bombé par la fierté. Parmis les "Bravo, qu'est-ce que je suis contente, mon chéri!" et les " Ça représente beaucoup, tu sais!" et les fameux: "On a un écrivain dans la famille!!", vous n'en sous-tiré qu'une seule chose: Le faire publier. "Tout le monde" vous l'a fait remarqué, après tout. Alors, la, c'est le comble de la cécité. Mais nous y reviendront plus tard.
Après de courtes réflexions - Dans votre euphorie, vous m'avez tout simplement pas le temps de réfléchir posément - vous vous lancez. Sans même une relecture. Ouah!... Vous êtes un drôle de type, il faut le dire. Et puis.... Bon, ça y est, le roman est envoyé! On ne sait pas trop comment se sentir, mais une chose est sûre, c'est qu'on ne pense plus qu'à ça. Tout le monde est content, persuadé que bientôt, vous signerez des autographes et vous vous prépariez déjà mentalement aux nombreuses entrevues que vous alliez recevoir... Les semaines passent... Puis le doute s'instale. C'est normal que cela prenne autant de temps?

Et puis là, c'est la torture: "Comment avance l'édition de ton roman?" et les "Tu sais, si tu veux, je peux etre ton manager..." et le comble: "Il coûte combien ton livre? Tu me fais un prix?" Vous regrettez soudainement d'en avoir parler a la Terre entiere...
Un beau jour, ça y est, une lettre adressé à votre nom est arrivée à la maison! Vous vous dites "Enfin, pas trop tôt!" en ouvrant fébrilement la lettre:
Cher ______,
Nous avons bien reçu votre manuscrit. Nous vous remercions de la confiance que vous nous avez témoigné en nous envoyant votre oeuvre. Écrire un livre demande beaucoup de patience et de persévérance, et le faire publier, beaucoup de courage. Nous l'avons lu et étudié très attentivement, mais malheureusement, il ne sera pas publié.
Très cordialement,
....
À présent, c'est la joie! Et oui. Il avaient recu votre manuscrit, l'avaient lu et avaient pris la peine de vous écrire un petit mot d'encouragement! Vous relisez encore et encore la lettre, oubliant presque le refus.
Dites vous bien qu'un refus, ce n'est qu'une opinion parmis tant d'autre. Une opinion qui pèse lourd, une opinion qui blesse parfois, je sais. Mais faites comme le joyeux personnage de ce texte. Voyez le bon côté. En ce qui me concerne, à mon premier refus, ça été plus la honte qu'autre chose (les écrivains ne sont jamais satisfaits de rien , il faut le dire). J'ai arrêter l'écriture pendant presque 6 mois. À chaque fois que je j'essayais de recommencer, je me trouvais nul et j'avais l'impression que j'avais perdu la main. Il faut dire que j'avais sans cesse deriere la tête: "Il faut que les maisons d'édition l'aime." J'ai mal réagis. Ne faites pas comme moi. Lorsque vous écrivez, ne pensez à rien d'autre qu'à vous (et oui, dit plus cruement: soyez égoiste). Pour la publication, on verra après! Et n'oubliez pas (je répete): Un écrivain trouvera toujours se qu'il écrit mauvais, mais ce n'est pas nécessairment vrai.